Le sourire des enfants aux Philippines

10 mai 2013

Le RAC

  • Le RAC, qu'est-ce que c'est ? Les personnes qui vivent au RAC.

 Le RAC. Receptional Action Center.

Comment le décrire? Depuis mon arrivée ici, je ne cesse de reprendre ce texte, tellement il est dur de vous décrire ce qu'est ce lieu, ce qui s’y passe, ce qui s’y vit, et aussi pourrait-on dire, ce qui s’y meurt. Dans ce centre, existe une réalité qu'on peut difficilement envisager en effet. Qu'est-ce qu’il est dur d'en parler.

Le RAC. Receptional Action Center. Ceci est l'intitulé officiel.

Pour vous expliquer, dois-je dire que c'est un centre d'hébergement et d'accueil d'urgence? Une prison? Un lieu de protection? Un mouroir?

Selon son ressenti, son histoire, ce qui s’y vit, chacune des personnes du RAC aura une réponse différente pour décrire ce lieu.

Ce lieu est un lieu pour toutes personnes venant de la rue. Familles, enfants, bébés, personnes âgées. Pour certaines, le RAC sera un lieu de protection face au monde de la rue, qui est sans limites, empreint de danger, de menaces, au milieu de la drogue, de l'alcool, du trafic et de la prostitution. Pour certaines jeunes mineurs, abusées sexuellement ou ayant été victimes de kidnappage et de séquestration pour entrer à leur insu dans un réseau de prostitution, ce lieu sera également un lieu de protection.

Pour des enfants ou des bébés abandonnés, ce sera aussi le lieu où ils seront accueillis en attendant une réponse plus adaptée quant à leur "avenir".

Pour certaines personnes âgées, vulnérables, c'est peut-être aussi un moyen de les protéger ou de limiter les agressions qu'elles peuvent subir dans la rue.

Pour d'autres, ce lieu, ils ne l'ont pas choisi. Ils ont été embarqués par des membres du RAC ou de la police qui font des rondes dans Manille, car trainant dans certaines rues de Manille, ils n'étaient pas au bon endroit au bon moment. Enfants seuls ou Familles. Ils se retrouvent dans ce lieu et ne pourront pas en sortir sans un accord donné par l'administration du RAC, ce qui peut être long, et peut prendre des mois... Le RAC sera donc pour eux un lieu interminable d'attente, où ils seront là à "moisir" de ne rien faire.

Le RAC contient également une prison pour mineurs, auteurs de délits et de crimes. L'équipe Virlanie n'a aucun accès à cet espace et à l'interdiction de leur parler pour ceux qui se montreraient à travers leurs barreaux.

Ce lieu contient 400 personnes peut-être. Difficile à estimer. 

  • Présentation des lieux :

Pour toutes ces personnes, comme je ne peux pas parler en leur nom, je vais parler pour moi, en donnant mon impression.

                Le RAC ressemble à une énorme prison, à un zoo sous certains aspects. Avec des images de camps de concentration même parfois. Un lieu choquant où Humanité par les sourires et les gestes se mêlent à la Déshumanisation de ce lieu.

                On rentre dans le RAC en franchissant de grandes grilles que nous ouvrent les gardiens du RAC à notre arrivée. On doit alors enregistrer notre nom sur un registre. Nous arrivons dans une grande cour. Sur notre gauche, à l'étage, nous voyons le visage de jeunes, enfants et ados, à travers des barreaux. Ces jeunes, qui ont entre 7 et 18 ans, vivent dans deux cellules, filles d'un côté, garçons de l'autre, où ils sont entassés, à 80 ou plus parfois, avec rien. Ni lits, ni tables, ni jeux. Rien. Juste un sceau pour faire leurs besoins. Ils passent jours et nuits dans ces cellules. Dans une chaleur étouffante et dans une odeur souvent nauséabonde. Tous entassés les uns sur les autres. A attendre.

                Au fond, une petite pièce pour les jeunes filles sexuellement abusées, qui sont une quinzaine, et qui ont su créer leur espace, avec davantage de matériel, aussi peu soit-il, pour elles. Fils, aiguilles. Certaines profitent de ce temps pour développer leur art de la couture, en stylisant leurs habits avec des doigts de fées... Avec rien, elles recréent leurs vêtements de façon magnifique. Une solidarité également et des liens très forts se sont créés entre elles.

                Au rez de chaussée, un espace "administration". Une télé au fond d'une pièce, mais je ne sais pas vraiment qui a le droit de la regarder et selon quels critères...

                Face à la cour, sous une sorte de petit préau fermé par des grilles, des rangées de lits superposés. Ce sont là que vivent les familles. Femmes enceintes ou personnes âgées parfois. Jeunes adultes handicapés pour quelques-uns d'entre eux. Chacun doit créer son espace. Ils vivent eux aussi entassés les uns sur les autres. Et ne peuvent pas sortir. Ils attendent. Toute la journée. Ne peuvent faire que ça. Ou dormir, pour oublier.

                 Sur la droite, la prison pour mineurs.

                 En longeant cet espace, en partant au fond de la cour à droite, nous traversons à nouveau des grilles. Un petit espace avec une énorme machine à laver est là. Sur notre droite, de nouvelles pièces avec des femmes sur des lits superposés également. Juste avec des planches bien sûr. Pas de matelas. Un coussin serait du grand luxe.

                 Au bout de ce couloir, une petite cour. Avec un lit superposé, des fils à linge avec souvent une grande partie du linge du RAC qui sèche. Un espace isolé par un simple rideau dans un coin à droite, avec un robinet : c'est l'espace où les gens viennent se laver, avec une petite rigole collée au mur en guise de toilettes. Cette cour, c'est notre espace de travail.

 

 

  • L'espace pour Virlanie

                Dans cette cour, il y a les enfants handicapés du RAC. Le lit superposé à l'entrée de la cour est le lit des deux garçons que je vais vous présenter par la suite. La plupart de ces enfants sont seuls, sans famille. Ils sont très mal vus la plupart du temps. Le handicap est très mal accepté et reconnu d'une part. Et ces enfants ont souvent la gale ou la tuberculose, ce qui fait qu'ils sont toujours rejetés quand ils recherchent un contact physique et un peu d'affection. 

                L'équipe de Virlanie a donc cet espace pour proposer des activités à une douzaine d'enfants tous les jours. Nous ne choisissons pas les enfants qui viennent aux activités. Ce sont les gardiens qui font leur choix en nous inscrivant sur une liste, de façon aléatoire, le nom des jeunes choisis. Nous ne sommes jamais sûrs d'avoir les mêmes jeunes d'une journée à l'autre. Entre ceux qui auront le droit de venir, et ceux qui auront le droit après des jours, des mois, voire des années, de quitter le RAC pour retourner à la rue ou dans leurs familles... Il y a toujours beaucoup de roulements, des départs et des arrivées dans les jeunes que nous accueillons. 

                Moi je viens donc tous les mardis donner une attention plus particulière aux enfants handicapés et leur proposer des temps plus individualisés. En réalité, se greffe souvent à mon groupe des enfants de 4 à 7 ans des familles. On essaye donc de créer, d'improviser et de donner un espace à chacun, de bonheur, de jeux, de rires, et de légèreté !

                 Parfois, dans cet espace, il y a aussi des personnes âgées. A mon arrivée, il y avait par exemple une petite mamie qui avait un plâtre depuis plusieurs mois. Elle faisait souvent sa toilette, seule, au sceau, dévoilant son corps squelettique, au milieu des enfants en train de jouer. Elle a quitté le RAC quelques semaines après mon arrivée pour un autre lieu. Avec plus d'humanité, c'est tout ce que je lui souhaite... 

 

  •                Des images de camps de concentration

                 Aujourd'hui, un camion est arrivé chargé d'adultes et d'enfants nouveaux arrivants. A leur descente du camion, ils doivent déposer toutes leurs affaires, qui ne leur appartiendront plus à partir de ce moment-là. Tout sera trié, récupéré, et les habits mis en commun. Leurs matelas ou oreillers récupérés, seront brûlés. Dépossédés du peu qu'ils avaient, ils iront ensuite s'inscrire sur un registre. Les enfants seuls partiront en cellules, les familles sur les lits superposés derrière les grilles, et ainsi de suite. Souvent, la plupart d'entre eux, notamment pour ceux qui auront des poux, hommes, femmes et enfants, seront rasés à leur arrivée.       

                La loi du plus fort règnera alors ensuite. Celui qui fera une tentative de fuite sera immédiatement rattrapé et sera passé à tabac. A vue parfois des enfants. La violence est utilisée pour faire régner l'ordre : coups de bâtons, coups de poings, de ceinture. Les adultes useront aussi très souvent de la violence auprès des enfants pour qu'ils obéissent. Et ce sera très fréquents pour les enfants handicapés également.. Pour qu'ils aillent prendre leurs douches, se changer, pour les faire aller dans l'espace qu'on attend d'eux. Nous essayons d'intervenir en douceur quand nous sommes là pour ne pas que cette violence ait lieu. Les enfants handicapés ayant souvent la diarrhée, cela demande à ce qu'ils se douchent très souvent et les équipes sont souvent lassées et agacées de ça. Nous les accompagnons donc parfois se laver pour soulager les équipes et éviter que ce moment soit fait dans la violence pour l'enfant.

                Quand il y a à manger, on retrouve comme la loi de la jungle. Le riz sera mangé à grande vitesse. Et les retardataires se verront convoités leur riz ce qui provoque des querelles entre les enfants ! Les enfants handicapés sont très vulnérables mais savent parfois se défendre. Ils iront cependant quand-même piquer tous les grains de riz au sol pour les manger une fois tout le monde parti. 

 

  • Les jeunes enfants que j'accompagne

                 Je vais tenter de vous présenter les enfants avec qui je partage mon temps tous les mardis. Ces enfants handicapés sont touchants, marquants, plein de vie, mais aussi de détresse, en lutte parfois avec la maladie, en lutte pour un sourire et pour la vie. Ces enfants, je les porte aujourd'hui dans mon coeur et il n'est pas facile parfois de voir ce dans quoi ils vivent. Pourtant, plein de bonheur et de légèreté se vivent parfois, au coeur de mes journées.

Qu'il est bon ce temps passé ensemble.

Et que c'est dur quand dans un moment de recul, je redécouvre avec un regard neuf toute cette réalité dans laquelle ils vivent...

Le coeur lourd par cette réalité offusquante, je quitte le RAC chaque semaine, en regardant ces enfants aux barreaux qui nous disent au revoir depuis leur "chambre".

Passée la porte, j'ai une grande respiration comme si je pouvais respirer à nouveau en retrouvant quelque chose d'apaisant. Mais en emportant avec moi tous ces visages d'enfants. Petits et grands...

 

                Déborah

                 Déborah, 12 ans environ, était là à mon arrivée; c'est un peu grâce à elle que j'ai fait le choix de venir au RAC ! Car Déborah demandait beaucoup d'énergie et d'attention à l'ensemble de l'équipe de Virlanie, ce qui interférait énormément pour se concentrer sur le travail mené avec les autres enfants. C'est à partir de ces faits que nous avons élaboré avec l'équipe du RAC, que je vienne passer du temps particulièrement avec les enfants handicapés! Pleine de sourires et de rires, Déborah pouvait d'une seconde à l'autre, devenir violente, donner des coups de pieds, lancer les jouets ou nous cracher à la figure. J'ai fait mes deux premières semaines avec elle. Avec beaucoup d'échanges, de moments durs et d'autres pleins de rires ! Après quelques semaines, Déborah est finalement partie du RAC alors pour aller en soins psychiatriques pour 4 mois.

                Aujourd'hui, alors que nous demandons à aller la voir, nous sommes stupéfaits de voir que nous ne savons pas où elle est ni ce qu'elle devient...

 

                Marc

                Marc est un petit garçon de 8 ans environ. Qu'est-ce qu'il est dur de leur donner un âge en réalité ! Au départ, Marc était très souvent perdu et déambulait souvent nu ou en T-Shirt dans la cour. Un short irritait trop ses plaies liées à la maladie (la tuberculose). Il venait souvent se coller contre nous pour qu'on le serre contre nous et cherchait toujours à attirer notre attention en nous donnant des jouets, des papiers. Parfois, Marc se tapait la tête contre les barres en fers du RAC en nous regardant ensuite, pour nous montrer sa détresse et son mal-être. Après quelques mois, Marc est aujourd'hui rayonnant ! Incroyable ! Il a un énorme sourire édenté avec des yeux pétillants ! Il rit même beaucoup ! C'est un réel bonheur de le voir comme ça et il vient toujours, avec ses yeux malins et malicieux, en piquant des crayons sur la table d'à côté, nous les donner. Puis il les reprend pour aller les redonner à leurs propriétaires ou à d'autres avec qui il veut partager un regard ou un moment ! Et il rit...

                Une fois toutes les 3 semaines, nous avons sport avec eux dans la grande cour, du côté de la prison des mineurs. Je me rappelle une des premières fois, Marc qui découvrait cet espace très grand par rapport à ce qu'il voit tous les jours. Il y avait du soleil. Il a couru de joie dans la cour. C'était vraiment la liberté en image... Pour lui, la liberté, c'était cette cour !

 

                Angelo

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                Angelo est tout petit lui aussi, gringalet, qui tousse à cracher ses poumons parfois, comme Marc, d'ailleurs, et qui est tout menu et discret, facilement effacé au milieu des autres.  Au fil de ces mois, nous avons créé un lien très fort avec Angelo. Il a pu participer aux activités.  Je l'ai aidé à écrire son prénom, il a colorié, dessiné, essayé d'apprendre à compter, il a fait des puzzles, joué aux dominos ou au jeu de formes et couleurs, travaillé sur un jeu de cartes sur les parties du corps humain, il a fait de la peinture et des fresques géantes, des bracelets, ou des jeux de construction, il a joué au ballon ou au cerceau, il a rigolé. Angelo aime aussi faire semblant de faire le mort, pour qu'on vienne le chatouiller et il rigole alors en se tortillant. Angelo est souvent malade. Il a souvent la diarrhée et il faut souvent l'accompagner pour aller se laver. L'équipe du RAC est parfois fatiguée de lui donner de nouveau un short propre qu'il faudra laver quelques heures plus tard. Ils n'acceptent pas toujours de lui en donner un nouveau, mais nous y arrivons souvent quand on est là ! Angelo n'aime pas la frustration. Quand quelqu'un comme Marc, vient lui prendre ce avec quoi il jouait, il pleure et se met en colère. Encore plus quand c'est un sachet de cacahuètes ou de chips récupéré au sein du RAC... Angelo aussi aime venir se coller contre nous et avoir des moments d'affection. Un soir, alors qu'on allait partir et que des membres de l'équipe discutait dans la cour du RAC avec des personnes du Staff philippin, j'ai fait coucou de loin à Angelo qui était assis sur la bordure du muret de l'espace des familles, pour lui redire au revoir. Angelo a pris sa main, a fait un bisou et l'a soufflé pour me l'envoyer. Comme c'était beau !    

                Je pourrais vous parler encore de Rona, une jeune autiste qui est là aussi toute la journée, au soleil, assise sur son muret, à jouer avec ses mains et à crier ou pleurer parfois.

                Ou aussi Sambott, mal voyante, toujours avec le sourire, et qui prend le temps de colorier sans dépasser jamais. Minutieuse et patiente comme je n'en ai jamais vu !!

                Tous ces enfants sont là, et j'aurais tellement envie de vous parler d'eux, encore et encore. Mais aujourd'hui, il y a Urgence pour Angelo.

 

                Urgence Angelo

                 Aujourd'hui j'écris sans le vouloir. Sans vouloir voir ce qui se passe mais parce que la réalité est bien là. Angelo va mal. Angelo a perdu toutes ses forces. Il a des diarrhées continuelles et n'a parfois même plus la force de se lever pour aller se laver. Il a maigri. Il a la peau collée sur les os. Avec sa peau déjà toute marquée de la tuberculose. Il vient de faire une rechute. Il pleure énormément. Il est fatigué, au bout.  Il n'a plus la force de parler, de rires, de faire des activités. Angelo est en train de mourir de malnutrition et de tout ce qui l'a déjà diminué auparavant (tuberculose, ver solitaire, gale).

                Mais nous ne voulons pas l'accepter! 

                Nous nous sommes mobilisés pour qu'Angelo aille à l'hôpital mais cela coûte très cher! Il est entré à l'hôpital ce week-end où depuis il est pris en charge. Mais il doit y rester, avoir des soins et des médicaments adaptés.

                Nous faisons donc un appel aux dons pour pouvoir permettre à Angelo de rester à l'hôpital! Nous nous sommes organisés entre volontaires et avec l'équipe du RAC pour qu'il y ait constamment quelqu'un auprès de lui. Je demande donc à chacun s'il le veut et le peut, de faire un geste. Dans ce cas, prenez contact avec moi ou suivez le lien suivant, qui vous indiquera la démarche à suivre:

http://lacouleurdesphilippines.overblog.com/hospitalisation-d%E2%80%99angelo

                 Merci pour votre soutien, précieux.

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14 avril 2013

Eglantine

        Eglantine est la petite fille, très lourdement handicapée, qui est dans la chambre avec Jérémy que j'accompagne. Elle n'en sort jamais. Eglantine a 6 ans, mais elle ne marche pas. Ces membres manquent de tonus et de muscles. Elle est toute petite pour son âge.

        Lundi dernier, au moment où je devais travailler avec Jérémy, ce dernier dormait. Eglantine était réveillée et j'ai donc choisi de passer plus de temps avec elle. Elle était allongée par terre sur des tapis de jeux. Arlyn, qui est là pour être présente particulièrement pour ces deux enfants, la prise pour essayer de la faire tenir assise, la tête relevée car sa tête tombe toujours. (Peut-être à force d'être couchée constamment) J'ai commencé à lui chanter la chanson : "Les grives aux loups". C'était la chanson préférée de ma mamie. Elle la chantait toujours à merveilles et avec plaisir. Allez savoir pourquoi c'est cette musique qui est venue dans ma tête à ce moment-là... Je lui ai chanté à plusieurs reprises en lui tenant les bras pour la faire légèrement danser ! Eglantine a commencé à rire ! C'était magnifique ! Elle est très souvent couchée et terne, peu joyeuse ou en intercation. Comme ça faisait plaisir de la voir rire comme ça, presque aux éclats ! J'ai eu une pensée toute particulière pour ma mamie, mais ce que je lui ai dit, ça reste secret entre elle et moi ! ;)

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13 avril 2013

Julia et la Musique

               Aujourd'hui, j'étais à Mother and Child pour être avec les 3 petits de trois ans, puis l'après-midi plus particulièrement avec les jeunes enfants handicapés de Todler. Pour essayer d'avoir différentes approches avec ces enfants, pour voir ce qui pouvait leur plaire ou qu'est-ce qui pouvait m'aider comme support pour travailler avec eux, j'ai proposé aujourd'hui de le faire écouter de la musique. L'espace étant très limité et pour ne pas que ce soit trop bruyant ou que je provoque trop d'excitation autour de moi avec les autres enfants, j'avais emmené mon MP3. J'ai proposé à Julia de venir s'assoir avec moi. Julia au départ ne voulait pas s'arrêter de déambuler nerveuse, entre la maison et la cour du foyer. Petit à petit, elle a accepté de venir et de me suivre en me donnant la main.

                Nous nous asseyons, je mets la musique avec un écouteur dans l'oreille et l'autre dans ma mienne pour que je puisse suivre de mon côté sûr qu'elle musique elle allait réagir. Julia est restée très attentive. Très concentrée. Sans bouger. A écouter puis à essayer de regarder d'où venait la musique. Mon MP3 faisant de la lumière en même temps qu'il fonctionne, elle prenait plaisir à jouer avec la lumière en la mettant tout près de son œil. Puis elle écoutait à nouveau. Elle est restée assise comme ça pendant au moins une demi-heure... Julia très souvent ne tient pas assise mais s'installe au sol la tête par terre, de travers et les fesses parfois en l'air. Elle joue avec un objet et reste dans sa bulle. Elle a parfois des excès de comportement, à sauter sur les personnes puis à repartir et à rire. Là Julia est restée assise très longtemps ! Quand elle se courbait trop, je lui montrais qu'elle devait se tenir le dos droit et la tête plus relevée et elle restait comme ça ! Attentive ! Elle avait parfois des sourires plus marquées sur son visage pour certaines chansons. Pour d'autres je voyais que la musique ne lui plaisait pas, elle faisait comme une grimace. Je rigolais et je passais à la suivante.

                Un moment, je me suis levée et j'ai commencé à danser en lui tenant les mains. Elle s'est alors collée devant moi pour que je l'accompagne, son dos collé contre moi, pour que je danse et qu'elle suive le rythme. Julia a commencé à me regarder en levant la tête et à avoir un sourire... Et à rire... C'était magique ! Je la voyais épanouie, heureuse ! Elle était tellement bien, dans ce moment avec la musique ! Un moment d'éternité en quelque sorte ! Petit à petit, je la décollais pour qu'elle danse par elle-même, et elle trouvait le rythme ! Le suivait ! Qu'est-ce que c'était beau ! Tout style de musique !

                Certains des tout-petits intrigués de ce qu'on faisait venaient me voir et me demandait d'écouter ! Un particulièrement est venu et resté quelque temps. Alors que je n'avais plus à ce moment-là l'écouteur dans l'oreille pour entendre ce que Julia écoutait, j'ai vu que la musique avait changé à voir son visage et son rythme changés ! J'étais si heureuse de la voir comme ça ! Ça n'a pas été facile de lui faire accepter que c'était fini !

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12 avril 2013

Les coeurs des mamans : Isabelle et Geoffrey

                L'une des jeunes de Aime Home est maman d'un petit garçon d'1 an. Après avoir fugué un soir, elle est revenue enceinte. Son petit garçon, Geoffrey, est maintenant accueilli à Mother and Child. Elle parle souvent de son garçon mais ne va pas souvent le voir. Cet enfant est inscrit dorénavant sur une liste d'adoption. Je m'interroge beaucoup sur cette situation. Je sais que la question du handicap et de la parentalité est très délicate. Pourtant je connais en France une adulte, ayant un handicap mental, qui est maman d'une personne étant adulte maintenant, et j'ai vu qu'elle était son cœur de maman... Je sais qu'une personne adulte handicapée a besoin d'un accompagnement dans sa vie quotidienne et que leur responsabilité pour élever un enfant est mise à mal, mais ne serait-il pas intéressant, dans l'idéal, d'accompagner ces adultes dans leur parentalité pour les aider à rester mère ou père de leurs enfants ? Mon regard est tout particulier car j'ai beaucoup d'amis adultes handicapés avec qui je suis partie en campement l'été. Et on peut dire qu'ils ont besoin de nous... Mais dit-on à quel point ils peuvent nous apporter ? A quel point ils peuvent nous surprendre et nous dépasser ? Dans leurs paroles, dans leurs regards sur le monde. Cette femme même dont je parle, a dit avec colère une fois : "Arrêtez de dire qu'on est handicapés ! On n'est pas que handicapés ! On est des êtres humains, comme tout le monde !" Comme ça m'avait marqué... Cette phrase et mon expérience vécue avec eux me fait énormément réfléchir maintenant...

                Et je m'interroge sur le fait que ces personnes ont le droit d'être parent. Avec un soutien oui. Mais pourquoi ce qu'ils auraient à leur donner ne serait que négatif ? Tant de familles sont bancales, cassées, "nuisibles" parfois pour le bon développement de leurs enfants, même s'ils ne sont pas handicapés. Ce que je veux dire, c'est pourquoi on n'accompagnerait pas ces adultes handicapés à être parent comme on accompagne d'autres parents en soutien dans leur parentalité ? On sait que l'on traversera des difficultés, pour accompagner ces enfants à grandir. Mais pourquoi ces personnes, qui ont leurs pensées, leurs sentiments, leurs cœurs, et qui (selon le handicap bien sûr) pourraient être présent dans l'éducation donnée à leurs enfants et leur donner quelque chose de positif, pourquoi ne pourraient-elles pas élever leurs enfants ? C'est une question qui m'interpelle.

                Et en ce qui concerne Isabelle, cela m'interpelle également. Isabelle parle beaucoup de son fils. Oui, elle ne pourrait pas l'élever toute seule. Mais en étant soutenu, ne pourrait-elle pas avoir sa place de mère ? La question des moyens financiers et humains vient automatiquement en compte car cela demanderait un travail important... Mais cela m'interroge, une fois de plus.

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11 avril 2013

Les coeurs de mamans... la maman de Leslie

                A leur manière, à leur rythme, avec leurs regards les mères sont là.

               Comme la maman de Cindy, j'ai vu plusieurs mamans comme ça, venir, passer du temps avec leurs filles, leur apporter de petits cadeaux pleins d'attention. Elles prennent le temps quand elles sont là, de les regarder, de les écouter, de les coiffer, pour aider inconsciemment peut-être leurs filles à devenir belles dans ce qu'elles sont ! Elles sont là. Dans l'espoir et l'attente parfois de pouvoir réaccueillir leur enfant à la maison ! C'est le cas pour Leslie par exemple à Aime Home. Sa maman est en train de préparer avec le soutien de Virlanie, l'accueil de sa fille et sa réintégration à la maison ! C'est un important travail en amont qui se fait. Qu'est ce que c'est fort... Préparer sa demeure et soi-même à être là présent pour son enfant, permettre de lui donner la sécurité, la présence et l'éducation qu'il a besoin. C'est un peu comme une nouvelle grossesse qui se prépare. Avec les 9 mois de maturation et de préparation à la venue d'un être qui va bouleverser sa vie. Être prêt à l'accueillir, l'accompagner. Changer ses habitudes. Se réajuster, s'adapter. Oui, c'est peut-être comme une deuxième naissance, la préparation du retour à la maison...

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Les cœurs de mamans : la maman de Cindy

        Après avoir porté mon regard sur les enfants, je vais changer de position et tenter d'écrire à partir de ce que j'ai vu des mamans de ces enfants.

Ces mères, parfois sont là. Présentes. A leur manière, à leur rythme, avec leurs regards mais elles sont là.

        - La maman de Cindy :

                La maman de Cindy est donc réapparue il y a quelques jours, après de longs mois sans sa présence.

                Elle est venue à plusieurs reprises en quelques semaines. Les House parents qui se trouvent dans une situation particulière à sa venue, essaye de réguler sa venue, en lui permettant de voir sa fille sur un temps très limité et toujours en leur compagnie. Aujourd'hui, elle est venue apporter des bonbons et des petits cadeaux pour sa fille pour Pâques.  

                Cette femme me touche énormément. Bien que je sache que son parcours n'est pas simple et qu'elle est dépendante encore de la drogue, et qu'elle ne peut donc pas être présente pour sa fille et qu'il y a des antécédents difficiles dans la relation qu'elle a eu avec elle, que la relation avec sa fille n'est pas saine, cette femme me touche énormément. Je retrouve en elle des femmes fortes mais si fragiles à la fois, fragiles mais si fortes, que j'ai accompagné à travers leur parcours de vie difficile. Je retrouve en cette femme l'espoir, la détresse et l'envie de pouvoir Rester une mère pour sa fille. Je sens à chaque fois qu'elle vient, qu'elle tente d'être là pour sa fille, de lui offrir le peu qu'elle peut lui donner. Et qu'elle est pleine de maladresses et d'amour pour elle. Elle a souvent des paroles d'attention envers moi et me remercie d'être là pour ces enfants. C'est si marquant et touchant d'avoir les paroles d'une mère qui sait qu'elle ne peut pas tout offrir à sa fille et pour qui il est dur de lui donner une éducation, de l'élever... L'élever, quand elle même essaye de s'élever et de se relever...

                Mais je suis sûre pourtant au fond de moi que ce qu'elle peut lui donner est précieux également. Dans le cadre du foyer, avec une aide et la présence des House parents, oui. Mais que les gestes d'attention qu'elle a aujourd'hui pour sa fille seront une force, un appui pour cette dernière pour se construire. Mais comment trouver l'équilibre ? Comment accompagner cette mère pour qu'elle puisse continuer de donner ce qu'elle a de beau à donner à sa fille ? Comment lui permettre d'avoir cet espace sans que cela ne dérive sur les éléments et paroles malsains qui prennent parfois le dessus quand elle est rongée par son mal-être ? La question est tellement difficile et délicate. Mais pourtant, elle est tellement importante, chargée d'Humanité et d'espérance !

                Je porte cette maman dans mon coeur, quel que soit l'avenir qu'elles trouveront, elle et sa fille. Qu'elle trouve la force de rester debout, ou tout d'abord, de se relever, et d'être fière d'avoir le cœur d'une maman, même si son cœur et sa tête débordent de tant d'autres pensées difficiles à gérer.

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05 avril 2013

La chorale des enfants de Virlanie chante en France et en Belgique

Infos de Virlanie

C'est grâce à nos généreux partenaires et au dévouement de nos nombreux bénévoles que les enfants de la chorale de Virlanie s'apprêtent à réaliser un rêve. Celui de conquérir la France avec leurs voix magiques et surtout, de sensibiliser le public sur la problématique des enfants des rues en faisant connaître l'action de Virlanie qui a plus que jamais besoin de votre aide !

La chorale de Virlanie décollera bientôt de Manille pour une tournée de 20 jours en France et en Belgique. Les enfants se produiront du 6 au 25 avril à Paris, dans le Nord-Pas de Calais, en Belgique mais également en Bretagne et Pays de la Loire.

Les enfants vous réservent des chants Philippins mais aussi Anglais et Français ! Les entrées aux concerts seront libres. Chaque don sera reversé à la Fondation Virlanie et est déductible fiscalement à hauteur de 75%.

 

affiche Virlanie

 

 

Tout a commencé lorsque la chorale a été invitée à chanter à l'occasion de l'inauguration d'une exposition Philippines qui aura lieu en début du mois d'avril au Quai Branly à Paris. Pour honorer cette invitation, nos partenaires Airbus et Philippines Airlines ont accepté de prendre en charge les billets d'avion et de nombreux bénévoles hébergeront chez eux les enfants de la chorale et leurs accompagnateurs.

 

La chorale est composée d'une vingtaine d'enfants recueillis par la fondation et d'enfants parrainés issus des bidonvilles auprès desquels Virlanie travaille. Aux Philippines, la chorale se bâtit une renommée depuis sa création en 2004 en se produisant régulièrement lors d'événements de charité, de festivals ou d'émissions télévisées.

 

Suivez l'aventure de la chorale des enfants de Virlanie, venez les rencontrer, assistez à un concert et continuez de nous aider à soutenir la Fondation Virlanie, MERCI !

 

N'hésitez pas à nous contacter pour plus de détails !

Retrouvez le détails des concerts
Plus d'infos sur Virlanie
Visionnez un film sur les enfants de Virlanie
Ecouter un extrait de la chorale

Contact Tournée : 06 95 56 28 19

 

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Alex : L'attente transpirée

Suite de l'article Attente

 

                Alex, l'autre soir, s'est préparé avec une autre petite, pour passer la soirée avec un couple de "parrain-marraine" français, qui les "sponsorisent", et vient de temps en temps aux Philippines pour leur rendre visite.

 

                Alex était tout beau, le sourire aux lèvres, prêt à partir. Il regardait par la fenêtre s'il voyait arriver ses convives ! Il allait et venait, et ne voulait pas montrer qu'il attendait, mais ça se voyait partout dans son attitude et dans son regard. Les minutes passaient, parfois quelqu'un qui sonnait à la porte, il se précipitait ! Et non, ce n'était pas eux... Une heure passa ainsi... L'espoir s'amoindrissait petit à petit sur leur venue... Y avait-il eu un malentendu ? Le couple avait-il eu un imprévu ? Au final, les enfants se sont assis pour prendre le repas avec les autres, diminuant alors leurs chances de partir... Alex continuait de ne pas vouloir montrer trop ses émotions, mais on voyait de la déception sur son visage et la tristesse de cette soirée attendue et gâchée... Comme elle est dure l'attente parfois... Les espoirs non concrétisés... Et soudain, la sonnette à la porte retentit ! C'était eux ! ! En deux trois mouvements, Alex avait déjà pris ses affaires et était déjà dehors, partit ! Ouahou... Lui qui est souvent si discret et sur la réserve... Incroyable de voir cette attente transpirée de lui et de voir sa joie d'être attendu... Etre attendu par quelqu'un, ce n'est pas rien... Lui offrir une soirée où c'est lui qui est à l'honneur avec quelques autres... C'est un des plus beaux cadeaux qui pouvait lui être fait...

 

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Charlie : l'ado qui regarde partir ses amis et qui attend son tour

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                En posant ces questions à mes collègues, sur la future adoption des deux sœurs et sur leur relation avec Charlie, ils me disent que ce ne sera pas la première fois que Charlie verra partir des amis très proches. Mais il sait que c'est pour leur permettre d'avoir un futur peut-être meilleur, avec davantage de chances de réussir, alors qu'il est content pour eux, et qu'il accepte qu'ils partent...

 

                Quelle maturité... A 13 ans, Charlie pense déjà avec sagesse. Et avec raison... Mais qu'est-ce que ça doit être dur de pouvoir le faire... Et de voir à chaque fois ces amis proches, qui sont comme ces frères et comme ces sœurs, partir si loin, qu'ils risquent de ne jamais se revoir... Et lui qui attend, à 13 ans, toujours son tour, avec le jour où on lui annoncera que des parents veulent l'adopter... Va-t-il vivre cette annonce ? Continuer son adolescence en foyer ? Charlie parait si mûr et serein, avec de bonnes bases, que j'ai l'impression que quel que soit l'endroit où il sera, il s'en sortira... qu'il a maintenant la force nécessaire en lui pour pouvoir s'adapter et se construire dans tous les lieux qu'il découvrira.. On ne peut pas savoir, il est vrai ! La vie peut être surprenante ! Mais on peut déjà voir il me semble, les fruits que les House-Parents lui auront donné et qu'il aura su cueillir et s'approprier... Je le souhaite tout le meilleur pour sa vie...

 

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Adelyne, Astrid, Max et les autres : L'adoption, un sacré challenge

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                Certains des enfants du foyer sont en attente d'adoption. Deux sœurs notamment, de 12 et 7 ans, vont bientôt être adoptés à Hawaï. Un autre sera surement adopté à Chicago. Et d'autres attendent de savoir où ils pourront partir, est-ce qu'ils pourront partir... C'est si étrange de regarder ces enfants, qui vivent continuellement ensemble, comme une vraie famille. Et d'imaginer que dans quelques années, voir dans quelques mois, certains seront à Hawaï, d'autres à Chicago, ou encore à Paris, ou à Manille, encore, en foyer ou de retour à la rue, peut-être à nouveau... C'est tellement fou d'imaginer quel avenir leur est réservé. Ils seront tous aux quatre coins de la planète. Comment vont-ils grandir ? Se (re)construire ? Comment les enfants adoptés vont-ils vivre cette vie dans leur nouvelle famille ? Comment vont-ils se construire, avec quels souvenirs du foyer ? Vont-ils l'occulter en grandissant ? Vont-ils en garder un manque ou un souvenir toute leur vie ? Et qu'est-ce qu'ils garderont de leur vie précédente ?

                Comment les parents adoptifs vont-ils pouvoir comprendre ce que ces enfants ont vécu ? Quand je pense à la vie qui les attend, dans une société de consommation à outrance alors que ces enfants ont toujours vécu avec rien, quand je pense à la culture qui change tellement, d'un continent à un autre, quand je vois l'absence de connaissance que nous pouvons avoir de ces réalités ici, n'ont pas seulement "savoir" mais vivre un temps "plongé" dedans, "en immersion" comme on nous demande de le faire ici, je me dis que la compréhension entre enfants adoptés et parents adoptifs doit vraiment parfois être difficile.. Et qu'il peut vraiment se créer un fossé...

                Je comprends à quel point cela peut être dur d'être un enfant adopté, et aussi comme il doit être difficile pour un parent adoptif de savoir s'y prendre. Par volonté de faire bien, qu'est-ce que le risque doit être grand d'être à côté de ce qu'a besoin l'enfant. De vouloir peut-être couvrir de biens l'enfant pour lui donner tout ce qu'il n'a pas eu avant. Qu'est-ce que ça doit être violent parfois. Et comment ces nouveaux parents vont-ils gérer face à l'histoire passée des enfants ? Vont-ils faire en sorte que les enfants "oublient" rapidement ? Vont-ils prendre en compte cette vie intense qu'ils auront vécue ? Avec toutes ces souffrances, ces joies, ces bonheurs, ces liens entre les "House parents" du foyer, et avec tous les jeunes avec qui ils auront partagé plusieurs années. Quand je vois le lien qu'à l'aîné du foyer, Charlie, avec les deux jeunes sœurs, je me dis que la séparation va être difficile... Pour les uns et pour les autres... Vont-ils pouvoir garder contact ? Les parents adoptifs autoriseront-ils ces liens ? Les jeunes sœurs vont-elles vouloir garder cette relation ? Pendant combien de temps ? Comment chacun vivra-t-il cette séparation ? Et cette nouvelle vie ?

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